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MORLEY TROMAN ( 1918-2000 ) |
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De kerallary, En Ploumilliau, dans les Côtes-du-Nord un écrivain anglais et sa famille ont fait leur résidence. Comment
au contact de Morley Troman, écrivain anglais de grand talent, ne
peut-on se rendre compte du rapprochement saisissant de nos deux peuples
au milieu de ces terres proches de la côte de Saint-Michel-en-Grève
?
Pour
atteindre le domaine de cet artiste, un curieux petit chemin de campagne.
La demeure est belle, rustique, pleine de charme ; çà et là des statuettes
car l'écrivain est aussi sculpteur, et puis, gambadant dans vos jambes,
de ravissants petits chats : passion de Shula, l'épouse de Morley,
des fleurs, un décor étonnant au milieu des terres du village de Ploumilliau.
Ce qui est étonnant c'est que, de cette demeure que les Troman trouvèrent
délabrée en arrivant en France, ils ont fait un domaine où l'on respecte
tout : ici il est interdit de chasser les oiseaux, de détruire les
nids, tout le monde vit avec et pour la nature, une faune y a établi
son quartier général depuis l'arrivée des nouveaux maîtres.
Morley est né en 1918 dans le centre de l'Angleterre ; au cours de la dernière guerre il est fait prisonnier à Jersey et amené en France, c'est à cette époque qu'il prend pour la première fois contact avec notre pays ; ce contact sera décisif. En France durant sa captivité, il va apprendre à goûter la littérature, la sculpture du Moyen Age et il va également rencontrer Shula qui devait devenir Mme Troman. Après Vittel, Morley repart en Angleterre où on lui donne le grade de médecin-capitaine et il est affecté au Service des Rescapés des camps de concentration de la Ruhr. Mais après la guerre, la capitale française l'attire, il va y séjourner dix ans ; durant cette époque il publie des contes, des histoires, il sculpte. Ses oeuvres seront exposées au Salon de la Jeune Sculpture, au Salon Comparaisons dont il est l'un des membres fondateurs, et à la Galerie Drouant. Mais Paris ce ne peut être le rêve pour ce ménage qui s'est agrandi de deux têtes Robin et Nanda ; Morley ne trouve plus l'inspiration et, un beau jour, il y a sept ans, il s'établit à Saint-Michelen-Grève au bord de la mer, juste le temps de découvrir un domaine : ce sera Kerallary. Aurait-on jamais osé écrire que, dans ce domaine, l'inspiration allait être de première force : en six mois Morley Troman termine un roman ; depuis c'est une prolifération de romans, écrits en anglais, mais tous inspirés par Saint-Michel-en-Grève et la côte quant à leur cadre. Les légendes bretonnes ont été évoquées dans la Dot du diable, mais l'auteur les a traitées à sa façon. Membre du Pen, confrérie britannique groupant l'élite des poètes, écrivains et éditeurs, Morley est un spécialiste d'émissions radiophoniques internationales ; l'une d'elles est programmée tous les lundis à 20 h 30 sur Radio-Bretagne : elle s'intitule Channel Nord Sud. Famille d'artistes, Shula, sa femme, manie le pinceau avec adresse ; son point fort : les portraits ; son rêve : les fresques... Ainsi en pleine nature, dans ce coin charmant de Saint-Michel-en-Grève, vivent des artistes éloignés des soucis de ce monde et qui ont fait de Ploumilliau une citadelle poétique, picturale et littéraire... Jean-Pol GUGUEN. In : Bretagne Magazine N°9 Août 1966
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The merry Maiden 1946 oak 1,20m |
DEADLY Aconite
and nightshade, deadly both, We
pray to gods of mercy and of love.
Would have had more heart than he to bear 'Twas
farmer John Crogg found and brought He'd
sickled a path of mercy John's
cows didn't die dutifully Praise
be to the owl and to the moth, Morley Troman
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La Vierge Folle Chêne 1,5m |
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Chacun d'entre nous, ici présent, doit quelque chose à Morley. Et s'il donnait sans attendre en retour, chacun d'entre nous, a fait de son mieux pour équilibrer la balance. Bien sûr, ce n'était pas possible. Mais si maintenant, il n'y a plus dans son regard ce petit éclair malicieux qu'il portait sur chacun, je sais, pour ma part, que je continuerais longtemps, et j'espère toujours, à me demander pour les gestes qui comptent :"qu'en aurait dit Morley ? En tant que Bretagne, nous lui devons d'avoir choisi d'y ancrer ses racines, nous lui devons d'avoir su être, parmi nous, cette petite vibration qui donne à la vie son goût et son parfum, comme le frémissement que donne à la surface de l'eau la marée montante dans la baie de Saint Michel, qu'il aimait tant. En tant que groupe de sculpteurs, nous lui devons d'avoir su, avec d'autres, générer cette force qui nous porte et qui permet aujourd'hui à la Bretagne d'être probablement la région la plus dynamique en terme de sculpture. Non pas tant en terme de créativité individuelle, qui ne dépend elle, que de chacun, mais en tant qu'esprit de groupe, de convivialité, et d'échange. Et si aujourd'hui la plupart des sculpteurs de toute la Bretagne, se connaissent et s'entraident dans une volonté commune de rendre à la sculpture son pouvoir d'expression et d'action sur la vie, c'est en grande partie à Morley que nous le devons. C'est
en tant que représentant en Bretagne du syndicat national des sculpteurs
qu'il a repris au vol en 1988 l'initiative de Jeanne Geffroy, , qui
cherchant à entrer en contact avec d'autres sculpteurs avait fait paraître
un article en ce sens, qu'il avait pris l'initiative de faire re-diffuser
dans toute la région, sans grand résultat, si ce n'est sa rencontre
avec Roger Joncourt. Il a su fédérer, il a su écouter, il a su regarder, il a su proposer sans jamais se mettre en avant. Il a construit sa vie comme ses sculptures, puisant dans des matériaux rudes et puissants comme le chêne ou le granite la force de l'expression, et il le travaillait par petites touches sèches, copeau après copeau, éclat après éclat, jusqu'à lui donner la passion de la vie, la douceur de l'amour, comme celui qu'il avait pour Shula, pour ses enfants, petits enfants, pour chacun. Toute sa sculpture est un hommage à la vie, à l'amour, toujours tournée vers l'autre. Son dernier article d'ailleurs, publié dans la revue "Sculpture Bretagne" à laquelle il participait régulièrement, est un hommage rendu à un autre grand sculpteur et écrivain, Ernst Barlach, dont il m'est apparu très proche, tant par le fond que par la forme, et si sa sculpture par son toucher presque pointilliste est cousine de ce que l'impressionnisme est en peinture, sa symbolique forte, par contre, est beaucoup plus apparentée aux nabis. En fait, sans jamais sacrifier aux modes et aux courants il a su , simplement dire et être, faire ce qu'il lui semblait juste de faire, et son travail est une leçon pour tous. En tant que sculpteur, je lui dois, comme les autres, tout cela. Mais je lui dois aussi, personnellement, la confiance qu'il avait dans mon travail, sans laquelle je n'aurais sans doute pas eu le courage de tenir la distance, et dans les périodes de doute, le voir et l'écouter, chaque fois, m'a permis d'aller plus loin. Nombre d'entre nous sans doute, partagent ce sentiment, et il sera difficile de faire sans Morley, mais il le faudra bien. Il faudra tenir debout tout seuls, ce sera dur, mais c'est la dette que nous avons envers lui. En tant qu'individu, l'avoir connu m'a changé, et ce que je lui dois n'a pas de prix. je lui dois d'avoir vu qu'il était possible d'être soi, que cela commençait par le respect de l'autre, et que cela prenait, au moins, une vie. Morley, nous ne te remerciions pas, car tu fais partie des gens qui ne se mesurent pas en merci, par contre, nous te devons de continuer, au mieux, sur les chemins que tu as ouverts. Francois Hameury Ploumilliau 21 Mai 2000
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La fourmi ayant fermé Quand
vint la saison nouvelle - Quoi, vous voilà amaigrie ! Faible
et vielle rabougrie! -
Que faisiez vous au temps froids , Nuit
et jour, à tout venant - Vous chantiez ! j'en suis fort aise ! - Je
chantais, dansais autant; La fourmi s'est écriée
Mon poète m'a trompée ! La cigale lui rit au nez -
Quel crétin ce Lafontaine Morley Troman
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